Intelligences animales et végétales - Cycle de rencontres

Des stratèges : de la séduction à la reproduction

Découvrons les stratégies du monde animal et végétal quand il s’agit de séduire et de se reproduire !

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Crédit : Nina Joffard

Dans la nature il est indispensable de perpétuer sa lignée, mais comment charmer efficacement ? Thierry PEREZ, directeur de recherche (CNRS) à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie Marine et continentale (IMBE – OSU Pythéas /CNRS-AMU-IRD) nous emmènera sous la surface de l’eau pour explorer les différentes stratégies de séduction des animaux marins !

Et si les végétaux parvenaient à tromper les insectes ? Magali PROFFIT, chargée de recherche (CNRS) au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) nous expliquera comment les végétaux sont capables de leurrer les insectes via des odeurs, des couleurs, des formes… pour arriver à leurs fins.

Chaque espèce joue un rôle bien spécifique permettant d’assurer l’équilibre et la survie de leurs écosystèmes. Il est donc essentiel que chaque espèce puisse perpétuer sa lignée assurant par là même la survie des espèces qui lui sont liées. Se reproduire est donc primordial et pour ce faire les stratégies mises en œuvre sont parfois étonnantes.

Toutes ses stratégies nous permettent-elles de parler d’intelligence ? Dans quelles mesures ? Nous vous invitons à en débattre à l’issue de ses interventions...

Jeudi 14 juin - 18:30

La Fabulerie, 10 boulevard Garibaldi 13001 Marseille

Intervenants

  • Magali PROFFIT,
    chargée de recherche (CNRS) au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE)
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Les plantes au cours de l’évolution ont développé un langage chimique complexe pour interagir avec les espèces qui les entourent (herbivores, ennemis naturels de ces herbivores, pathogènes, pollinisateurs). Magali Proffit étudie, d’une part, l’évolution du codage de ce langage chimique dans différents types d’interactions principalement plantes-pollinisateurs, et d’autre part, l’impact des changements globaux (augmentation de la température et de la concentration de polluants atmosphériques) sur ce langage chimique, et donc sur la résilience de ces interactions.
Elle travaille aussi bien sur des interactions plantes-pollinisateurs en milieu méditerranéen que tropical. L’un de ses modèles de prédilection est l’interaction entre les figuiers et leurs guêpes pollinisatrices, l’une des interactions les plus spécialisée entre espèces connue à ce jour. Elle étudie notamment les stratégies de mise en place par les figuiers pour attirer spécifiquement leurs pollinisateurs, en échange d’une récompense ou non, afin d’assurer leur reproduction.

Résumé d’intervention :

Relation plante / pollinisateur : l’art de la séduction
Approximativement 90 % des plantes à fleurs dépendent exclusivement d’animaux, et principalement des insectes, pour assurer leur reproduction. En échange de ce service rendu, les plantes offrent généralement une récompense à leurs pollinisateurs (nourriture, site de reproduction pour leurs descendances). Mais parfois, les plantes n’offrent aucune récompense et vont ainsi duper les espèces qui transportent leurs pollens.
Dans tous les cas, les plantes doivent séduire leurs pollinisateurs. Ainsi, en exploitant leurs affinités sensorielles, elles ont développé, au cours de l’évolution, des signaux complexes pour les attirer. Les signaux olfactifs sont par exemple très largement utilisés, que ce soit pour les pollinisateurs généralistes ou spécialistes. En effet, tous les moyens sont bons pour se faire polliniser !
Les interactions exclusives et extrêmement spécialisées entre les figuiers et leurs guêpes pollinisatrices, recèlent d’exemples remarquables de stratégies mises en place par les plantes pour attirer, mais également parfois tromper, leurs pollinisateurs, en particulier à l’aides d’odeurs émises par les inflorescences. La phase de reconnaissance entre plantes et pollinisateurs constitue l’élément clé de la rencontre entre ces deux partenaires, de leur reproduction et donc de la production de fruits. Ces fruits étant une source de nourriture précieuse pour une gamme d’animaux frugivores, incluant l’homme, la reproduction des figuiers constitue un élément indispensable à l’équilibre socio-économique de certaines régions méditerranéennes mais également certains écosystèmes tropicaux.

  • Thierry PEREZ,
    directeur de recherche (CNRS) à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie Marine et Continentale (IMBE)
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Thierry Pérez vit de sa passion pour la mer. Dans la recherche, il a trouvé la liberté de satisfaire sa curiosité et un moyen de pouvoir sans cesse réaliser de nouvelles idées. Selon lui, c’est un privilège de travailler sous la mer, car il est encore possible de réaliser de vraies découvertes. Il aime le regain d’intérêt pour les études naturalistes, les explorations d’environnements mal connus, l’identification d’espèces nouvelles et de fonctions biologiques qui peuvent servir la société. Il est spécialisé dans un groupe d’organismes que l’on trouve dans toutes les mers du monde, les éponges, ce qui le conduit à traîner ses palmes de plongée un peu partout. Dans l’équipe Diversité et Fonctionnement des molécules aux écosystèmes de l’IMBE, il contribue à étudier les effets des changements globaux sur la biodiversité, et c’est ainsi qu’il étudie l’influence des changements de régime thermique sur la reproduction d’organismes marins.

Résumé d’intervention :

Stratégies de séduction et ou de reproduction en milieu marin
À l’heure où les séries de slows ont disparu des discothèques, et où l’Homme considère que les réseaux sociaux seuls peuvent réduire la difficulté de trouver un (ou une) partenaire sexuel(le), il convient de montrer qu’il existe dans la nature des exemples pour lesquels il est bien plus compliqué d’assurer une descendance. Il existe même un monde, celui du silence, où bramer comme un cerf pour attirer une femelle n’est pas possible. Il existe même des êtres vivants capables de donner des milliers, des millions de descendants sans bouger le moindre membre.
Cette intervention vous emmènera à la découverte de l’inventivité des représentants de la biodiversité marine et vous présentera quelques exemples d’arts de la séduction et/ou de la reproduction. Ils pourront être empruntés à nos plus proches cousins vertébrés, adeptes des parades amoureuses, mais aussi à nos plus lointains parents qui ont développés des stratagèmes reproductifs ayant évolué depuis plus de 500 millions d’années. De la parade des mérous à la danse de la cellule charriante des éponges, quelle sera la stratégie de reproduction la plus séduisante ?

Lieu : La Fabulerie
Adresse :

10 boulevard Garibaldi 13001 Marseille