Intelligences animales et végétales - Cycle de rencontres

Le langage de la nature

Découvrons les diverses façon de communiquer présentes dans la nature, que ça soit par des ondes, des odeurs, sous l’eau, sous terre ou dans les airs.

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Crédit : © Joshua Mayer

Elena ORMENO, chargée de recherche (CNRS) à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (IMBE – OSU Institut Pythéas / AMU - CNRS - IRD) nous expliquera, comment les végétaux communiquent via l’air et les racines. Olivier ADAM, professeur à Sorbonne Université nous fera découvrir de son côté un bel exemple de communication chez les animaux. Il nous emmènera, pour ce faire, à la rencontre des baleines …

L’Humain est considéré comme étant intelligent, notamment parce qu’il est capable de communiquer. Nous savons maintenant que beaucoup d’animaux communiquent également (primates, cétacés, oiseaux…). Chez les végétaux, la communication fait, depuis peu, couler beaucoup d’encre également. Au vu des différentes capacités dont font preuve animaux et végétaux, pouvons-nous toujours considérer que l’intelligence est le propre de l’humanité ?

Communiquer est-il une preuve d’intelligence ? Peut-on alors parler de l’intelligence des végétaux ? Nous vous invitons à en discuter à l’issue de ces interventions...

Entrée libre et gratuite, réservation conseillée à communication@osupytheas.fr

Mercredi 20 juin - 18:30

Ecole Supérieur de Professorat et d’Education, 2 avenue Jules Isaac 13100 Aix-en-provence

Intervenants

  • Olivier ADAM, Professeur à Sorbonne Université et spécialiste en bioacoustique.
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Olivier Adam travaille sur l’étude des émissions sonores de différentes espèces de cétacés (baleines à bosse, cachalots, orques…). Il a concentré ses recherches autour de Madagascar, la Guadeloupe et St Pierre et Miquelon afin d’enregistrer le chant des baleines. N’ayant pas de cordes vocales, le générateur sonore de chants si envoûtants restait un mystère. Il s’est donc intéressé à leur anatomie afin de faire le lien entre les vocalises et les différents éléments de leur système respiratoire. Suite à une collaboration avec la professeur Joy Reidenberg (New York), il a également découvert que les baleines utilisent un ballast : elles sont capables de comprimer et de dilater l’air qu’elles inspirent pour adapter leur flottabilité, et du coup, changer de profondeur sans même utiliser leurs nageoires !

Souhaitant partager sa passion, il participe à des émissions de radio, comme la Tête au Carré sur France Inter et prépare actuellement une exposition sur les Cétacés et les Océans pour fin 2019.

Résumé d’intervention :

Quelles sont les interactions sonores entre les baleines ?
Toutes les espèces de cétacés sont sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Certaines ont déjà disparu (dauphins de Chine), d’autres sont en voie d’extinction (baleines bleues de l’antarctique) ou en danger critique (baleines franches de l’Atlantique Nord). Victimes du réchauffement climatique, ces dernières sont également soumises aux activités de pêche et au trafic maritime, incitant le gouvernement canadien à prendre des mesures de régulation exceptionnelles pour stopper les échouages massifs.
Ces cétacés sont des mammifères supérieurs, sensibles et doués d’intelligence. Ils utilisent les stimuli provenant de tous leurs sens : toucher, vue, ouïe, odorat, goût. Ils ont créé des sociétés de taille plus ou moins importante, et interagissent ensemble constamment. Dotés d’un générateur vocal élaboré, ils peuvent émettre différents types de sons. Les grandes baleines (cétacés à fanons) vont produire des vocalises et des sons pulsés, alors que les odontocètes (cétacés à dent) vont plutôt émettre des sifflements et des clics. Ces différences s’expliquent par leur générateur vocal de structure complètement différente. Nous le détaillerons et l’illustrerons, pendant la rencontre avec des sons émis par différentes espèces de cétacés. Nous en profiterons également pour montrer comment ces grandes baleines utilisent leur système respiratoire pour nager.
Nous évoquerons alors les différentes interactions des cétacés entre eux, comme ceux de la mère et de son nouveau-né chez la baleine à bosse. Enfin, nous évoquerons les effets des activités humaines bruyantes sur ces mammifères marins.

  • Elena ORMENO, Chargée de recherche au CNRS à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale / Observatoire des Sciences de l’Univers Institut Pythéas (CNRS, IRD, AMU)
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Spécialiste en écologie chimique, Elena Ormeno travaille sur les hydrocarbures volatils (molécules composées seulement de carbone et d’hydrogène), émis par les espèces végétales. Elle a concentré ses recherches autour du climat méditerranéen, dans le sud de la France, en Espagne et en Californie, afin de comprendre la variabilité de ces émissions chez les espèces méditerranéennes soumises à des changements globaux (climat, feux dirigés, pollution de l’air, apport de compost).

Elena ORMENO explore comment les hydrocarbures, naturellement émis et stockés par les végétaux, leur permettent de se protéger au quotidien et de communiquer. En effet, en tant qu’organismes sessiles, les plantes n’ont pas la possibilité de se déplacer pour se mettre à l’abri des conditions environnementales contraignantes (manque d’eau, pollution, feux...).

Particulièrement motivée par la découverte d’hydrocarbures qui protègent le végétal en même temps qu’ils le rendent inflammable, elle développe des projets de recherche internationaux pour expliquer cette ambivalence et pour anticiper les conséquences du changement climatique sur la production de ce « pétrole végétal ».

Résumé d’intervention :

Molécules volatiles : défenses et langages de la nature
Les substances volatiles des plantes sont utilisées par l’homme depuis l’antiquité pour leurs propriétés médicinales, culinaires et cosmétiques. Récemment, nous avons compris l’utilité pour la nature de libérer de telles substances. En effet, jusqu’aux années 70, ces substances étaient considérées comme de simples déchets du végétal sans aucune fonction apparente.
Loin de là ! Leurs émissions permet d’alerter les végétaux de la présence d’herbivores ou d’espèces pathogènes. Cette communication peut être établie entre plantes de la même espèce ou d’espèces différentes et implique de nombreuses molécules. Ces émissions agissent également comme des défenses naturelles face aux stress environnementaux, tels que la pollution à l’ozone troposphérique (de basse altitude), la sécheresse, la forte luminosité ou les températures élevées. Globalement, elles agissent comme antioxydants dans les cellules du végétal, aident à restructurer les parties abîmées et facilitent la dissipation d’énergie.
Comment le changement climatique et la qualité de l’air impactent ces émissions ? Cela reste une question majeure à laquelle l’écologie tente de répondre. Les hypothèses actuelles estiment que les espèces végétales capables d’émettre les taux d’émission les plus importants seront les espèces végétales les plus résistantes à ces changements. Au fur et à mesure que l’aridité et la pollution de l’air s’aggravent, comme prévu, dans la région du bassin méditerranéen, les espèces les plus émettrices, telles que le chêne pubescent ou le peuplier, pourraient dominer les écosystèmes naturels dans notre région.

Lieu : L’ESPE (Ecole supérieur de Professorat et d’Education)
Adresse :

2 avenue Jules Isaac 13100 Aix-en-provence